Assemblées de Clémentine Autain

Quatre personnages, un homme et trois femmes. Lui, Antoine Polin, député quadragénaire au charisme magnétique. Elles, Estelle, sa femme qui semble lasse de cette vie où son mari court après la reconnaissance et le pouvoir ; Jeanne, jeune femme fougueuse et féministe et pourtant irrémédiablement attirée par Antoine dont elle est la maîtresse et Lila, mère célibataire, brillante économiste, éprise de liberté et qui se retrouve pourtant prise dans les rets de sa passion pour le député.

Dans ce roman, Clémentine Autain dissèque les relations amoureuses quand elles sont vécues à l’aune du pouvoir. Le récit se passe à l’Assemblée car on imagine que c’est le lieu où l’auteure a pu le mieux assister à ce jeu de séduction, basé sur l’attrait irrésistible du pouvoir. Mais on peut aisément transposer ce schéma ailleurs qu’en politique.

Clémentine Autain tente de nous expliquer comment trois femmes, elles-mêmes visiblement brillantes, voire engagées dans des combats féministes, peuvent malgré tout se trouver embarquées dans une situation de dépendance vis-à-vis d’un homme qui les trompe et leur ment et comment elles tentent de faire face à leurs contradictions. Elle en profite pour dénoncer les habitudes d’un monde archaïque et sexiste.

Pas de grandes révélations dans ce roman. On peut même dire que, malheureusement, il enfonce un certain nombre de portes ouvertes sur des attitudes déplacées, des rapports entre hommes et femmes dont l’équilibre semble loin d’être atteint. Aucun rebondissement non plus, les trois femmes s’interrogent sur leur relation à Antoine mais ne la remettent pas en question à part peut-être, brièvement, Estelle, son épouse.

Et pour s’en sortir, car on sent bien que le récit peut être sans fin tant il ne s’y passe pas grand-chose, Clémentine Autain a recours à une échappatoire un peu facile qui permet de mettre un terme à la non-intrigue.

L’ensemble forme un roman un brin insipide, sans grand caractère et sans beaucoup d’intérêt pour le lecteur. Rien n’est vraiment approfondi, que ce soit les relations d’Antoine avec ses trois femmes ou les jeux de séduction qui confinent parfois au harcèlement. Et on se demande quel message ce livre véhicule. Montrer qu’en chaque femme, même la plus indépendante, sommeille une midinette qui ne demande qu’à se mettre au service de son prince charmant et à abdiquer liberté et intelligence pour répondre aux désirs d’un homme ? On espère que non tant cela semble aller à l’encontre de ce qu’on connaît de l’auteure.

On préfèrera, assurément, son récit intime et pudique au sujet de sa mère : Dites-lui que je l’aime.  

Assemblées – Clémentine Autain (Editions Grasset – juin 2022)

6 commentaires sur “Assemblées de Clémentine Autain

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