Si Beale Street pouvait parler de James Baldwin

Clémentine (Tish) à dix-huit ans. Alonzo (Fonny), vingt et un. Ils sont amis depuis l’enfance et leur amitié s’est transformée en amour. Un amour inconditionnel, fort. Ils ont décidé de se marier et Tish est enceinte. Voilà un beau début de conte de fées. Mais en fait pas du tout. Car nous sommes dans l’Amérique des années 70. Tish et Fonny sont noirs et Fonny est en prison, accusé de viol.

Et James Baldwin nous donne à voir toute l’absurdité et l’implacabilité d’une justice faite pour et par des blancs. Le père de Fonny et la famille de Tish sont tous mobilisés pour prouver l’innocence du jeune homme et le faire sortir de prison. Partagés entre espoir, colère et fatalisme chacun des personnages gère la situation selon son caractère.

Je découvre James Baldwin avec ce roman et je pense que je ne vais pas m’arrêter là !

J’ai découvert un auteur talentueux, une écriture intense capable de retranscrire les sentiments les plus profonds des personnages en quelques phrases simples et percutantes qui font entrer le lecteur au cœur même des pensées les plus intimes et les plus complexes des personnages.

« Je commence à découvrir une chose étrange. Ma présence, qui n’a aucune valeur pratique, qu’on peut même considérer comme une trahison, est beaucoup plus importante que tout ce que je pourrais faire. Chaque jour, quand il voit mon visage, il sait que je l’aime – et Dieu sait que je l’aime, et de plus en plus à mesure que les jours passent. Mais cela va plus loin. Ma présence à la prison signifie que d’autres l’aiment aussi, l’aiment au point de m’avoir rendue libre pour aller le voir. Il n’est pas seul : nous ne sommes pas seuls. »

Le propos est d’une grande intelligence. La description de l’amour de Tish et Fonny éclaire d’une lumière particulière ce roman pourtant habité par le désespoir et la haine. Chaque personnage est attachant, à la fois blessé mais furieusement combatif, refusant de baisser les bras devant l’absurdité et l’aveuglement d’une pseudo-justice qui retient un innocent.

J’ai été totalement conquise par l’histoire, le style, la puissance du récit, l’émotion incroyable qui se dégage de chacune des pages. Fabuleux. 

Si Beale Street pouvait parler – James Baldwin (Editions Stock – septembre 2017)

7 commentaires sur “Si Beale Street pouvait parler de James Baldwin

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