Deux petites bourgeoises de Colombe Schneck

Héloïse et Esther sont amies depuis leurs 11 ans. Quarante ans d’une amitié à l’épreuve de tout ce qu’elles ont pu traverser. Quarante ans de vies quasi similaires. Mais Héloïse est malade. Un cancer qui va l’emporter, laissant Esther seule. Alors Esther se souvient : de leur enfance, de leur adolescence, de leur vie de femmes et de mères. Côte à côte, ensemble. Une vie de privilégiées, de bourgeoises mais qui n’est pas exempt des épreuves communes à l’ensemble des humains (la séparation, le deuil, le conflit…).

Ce livre laisse un goût d’inachevé. 140 pages, ramenées à 64 en version liseuse, qui donnent l’impression d’être le début de quelque chose qui n’a pas abouti. Et pourtant, il y a quelques jolies trouvailles à la fois dans l’étude sociale de la bourgeoisie et dans la relation amicale des deux femmes. Mais le tout est résumé, raccourci. On aurait envie de plus d’ampleur et de profondeur à la place de ces morceaux de vie racontés chronologiquement et vite expédiés.

“Esther a longtemps pensé que l’amour primait et que l’amitié était secondaire. Il y aurait une hiérarchie dans nos relations. L’amitié est pour Esther facile, évidente, sans effort, durable, quand l’amour à chaque fois se fragmente.”

On reste sur sa faim, sans totalement comprendre l’analyse que fait l’auteure de la bourgeoisie, la distinction qu’elle semble faire entre une bourgeoisie qui serait héréditaire (celle d’Héloïse) et une bourgeoisie qui ne le serait pas (celle d’Esther). On ne sait pas non plus vraiment ce qu’elle cherche à démontrer ici. On peut être bourgeoise et ne pas en être moins mortelle ? Avoir malgré tout un cancer et devoir lutter contre la maladie ? Oui, effectivement, c’est un fait, la maladie ne fait pas de distinction. A moins que l’histoire ne soit celle de cette belle amitié qui traverse les années, mais là encore l’explication reste à fleur de récit. On peut trouver cette amitié belle mais ne pas en être touché en profondeur.

Bref, ce livre n’atteint pas la valeur documentaire qu’il semblerait devoir incarner à propos d’une classe sociale décrite par un membre qui la vit de l’intérieur. Ni l’émotion qui devrait accompagner le récit de cette amitié au long cours qui s’achève par la mort de l’une des deux femmes.

Deux petites bourgeoises – Colombe Schneck (Editions Stock – avril 2021)

4 commentaires sur “Deux petites bourgeoises de Colombe Schneck

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