L’île de Jacob de Dorothée Janin

Le narrateur a seize ans lorsqu’il s’installe sur l’île de Christmas Island, « dix degrés, vingt-neuf minutes, vingt-quatre secondes, sous l’équateur. ». Son père, docteur en biologie et spécialiste du comportement et de l’écologie des fourmis, y a été appelé pour définir une stratégie contre une invasion de fourmis jaunes qui déciment les crabes rouges, emblèmes des lieux. La mère a renoncé à suivre ce mari qui l’écrase et a préféré retrouver sa liberté.  

Sur place, le jeune garçon cherche sa place jusqu’à sa rencontre avec Jacob Cazaly, moniteur de plongée pour lequel le narrateur éprouve aussitôt une véritable admiration et qu’il se met à fréquenter avec assiduité. Jusqu’à ce que tout change. 

Le récit nous plonge dans l’intimité d’un adolescent en pleine quête de soi, de repères et de modèles. Ses amitiés avec Jacob et Vicky, elle aussi adolescente, mettent en exergue la grande solitude dans laquelle se trouve le jeune garçon qui n’arrive pas à installer une communication avec son père qui sombre peu à peu dans l’alcool.  

« Le premier jour de classe, j’avais un but : renaître, différent. Dans cet endroit où personne ne me connaissait, je me jurai d’arracher ma peau ancienne, celle dont j’avais honte. Les paniques de faible, l’embarras corrosif, la terreur embusquée. Les laisser loin derrière moi, m’en défaire à jamais. » 

C’est aussi l’âge des toutes premières fois et celui où tout prend une importance capitale : l’amour, l’amitié, les moments de honte, les instants de partage. 

À côté de ce récit qui retrace une étape charnière dans la vie d’un jeune garçon qui devient adulte, Dorothée Janin met aussi le doigt sur des sujets de société à travers la description de cette île qui se délite lentement, son écosystème irrémédiablement abîmé par l’homme. En toile de fond, le camp de détention où des migrants sont enfermés et dont les habitants aimeraient pouvoir ignorer l’existence. Les tourments du narrateur semblent alors rentrer en résonnance avec les crises mondiales

Dorothée Janin crée une atmosphère oppressante et chaotique mais aussi terriblement captivante. Ce roman dégage une réelle puissance d’évocation et nous embarque totalement sur cette île étrange.  

L’île de Jacob – Dorothée Janin (Editions Fayard – août 2020) 

6 commentaires sur “L’île de Jacob de Dorothée Janin

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