Les maisons vides de Laurine Thizy

A treize ans, Gabrielle vient de perdre son arrière-grand-mère bien-aimée. Pour l’adolescente, cette mort va marquer le début d’un changement profond. Un changement qu’elle va éprouver au plus profond d’elle-même, dans sa chair et au cœur de son intimité.

Quelle réussite que ce premier roman ! Laurine Thizy dresse un portrait tout en nuances de cette adolescente à la fois pleine de force et de fragilité. Dès le premier chapitre, on est lancé à la suite de Gabrielle qu’on ne lâchera plus d’une semelle.

L’auteure alterne les chapitres où elle revient sur la naissance prématurée de Gabrielle et ceux où elle raconte sa vie suite au décès de Maria. Viennent aussi s’intercaler des chapitres dans lesquels deux clowns font le tour des chambres d’un service pédiatrique dans un hôpital et dont on comprendra l’importance au fil du roman.

“Gabrielle a treize ans. Pour la dernière fois elle se tient à l’intérieur de l’église, debout devant le cercueil au pied de l’autel, maintenue tête haute et droite par son enfance gymnaste. Sous son bras gauche, une énorme couronne d’œillets, de roses et de chrysanthèmes. Elle est vêtue d’une robe en coton noir, cheveux relevés en un chignon serré. Alors que la famille, au dehors, égrène des remerciements, Gabrielle demeure immobile auprès du caisson. ”

Laurine Thizy construit très habilement son récit, emboitant les pièces du puzzle une par une et donnant à son lecteur les clés d’une intrigue qui ne se dévoilera totalement qu’à l’ultime chapitre. Et quel chapitre ! Sa lecture donne envie de relire le livre. Car la conclusion donne un éclairage totalement inédit à l’ensemble du roman et elle est véritablement originale.

Ce récit initiatique mettant en scène une adolescente aux prises avec le deuil, les changements de son corps mais aussi un asthme chronique, est aussi un très beau roman sur l’amour que Gabrielle voue à la très religieuse Maria, leur complicité, la force de leur relation. C’est un premier roman puissant, parfaitement réussi tant pas l’histoire et les personnages que par un style d’écriture tout en sensibilité et subtilité. Laurine Thizy a, indéniablement, une tonalité unique et la capacité de créer une atmosphère qui happe le lecteur.

Une très belle découverte.

Les maisons vides – Laurine Thizy (Editions de l’Olivier – janvier 2022)

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