Le Salon d’Oscar Lalo

Le narrateur de cette improbable histoire a trente-neuf ans, vit en célibataire dans un appartement prêté par papa et travaille, plus ou moins, dans l’entreprise de ce même papa. Autant dire qu’il n’a rien d’un héros flamboyant. Suite à une mauvaise manipulation avec sa tondeuse, le voici contraint de se rendre chez le coiffeur. Le premier dans lequel il se rend n’étant pas prêt à s’occuper de son cas (pour des raisons que je vous laisse découvrir), le voilà obligé d’en choisir un autre. Mais avant d’y arriver, il va croiser sur sa route une librairie dans laquelle il va faire l’acquisition pour 1 euro de La Tentation de Saint-Antoine, ouvrage mal connu de Gustave Flaubert. Une coupe de cheveux plus tard, le voici en train de proposer au coiffeur de transformer son salon de coiffure en salon littéraire pour parler de Flaubert dont il se dit expert.

“Oh, il existe des quantités de livres qui prétendent donner la recette de la littérature, à travers un classement, des règles, des préoccupations esthétiques, en se référant à des prix, par pays, par époque. Les gens vénèrent ces listes de livres qu’ils ne liront jamais. La littérature, ça n’est pas ça.”

Autant dire que nous sommes loin, très loin de l’univers du précédent roman d’Oscar Lalo, La Race des Orphelins. Et qu’il faut accepter de se laisser emporter dans cette histoire invraisemblable portée par un trio de personnages atypique : le narrateur, ado attardé sans ambition, Florimond, le libraire un brin philosophe et Fabrice, le coiffeur attiré par la littérature sans bien savoir par quel bout la prendre.

C’est souvent drôle, pertinent, intéressant quant aux points développés sur l’œuvre de Flaubert et sur la place et le rôle de la littérature. Cela parle aussi de transmission, de filiation, Florimond devenant un peu le père de substitution du narrateur.

On s’amuse beaucoup, on apprend aussi. Et on se voit confirmer qu’un livre peut changer un destin et apprendre au lecteur à mieux se connaître soi-même.

Pour ma part, s’il ne m’a pas donné envie de découvrir La Tentation de Saint-Antoine qui semble être un livre bien ardu, il m’a poussé à ressortir de ma pile à lire la correspondance de Flaubert et George Sand !

Le Salon – Oscar Lalo (Editions Plon – août 2022)

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2 commentaires sur “Le Salon d’Oscar Lalo

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