L’herbe de fer de William Kennedy

William Kennedy nous entraîne dans les pas de Francis Phelan, ancien joueur de baseball, qui à 58 ans est désormais un clochard errant dans les rues d’Albany. Nous sommes en pleine période d’Halloween, moment propice à la confrontation avec les fantômes du passé.

Ce roman nous plonge dans les heures sombres de la Grande Dépression en prenant comme point d’appui le terriblement funeste sort de Francis Phelan.

L’herbe de fer est la chronique désenchantée d’une vie brisée, un voyage introspectif au cœur d’une réalité sombre.

« C’était le dernier soir d’octobre 1938 ; c’était la veille de la Toussaint, cette nuit chaotique ou la grâce est toujours trop abondante, et où les anciens morts et les nouveaux se promènent en liberté sur cette terre. »

Le récit est particulièrement séduisant dans le réalisme qu’il dégage, la personnalité terriblement humaine de Francis Phelan rongé par la culpabilité et le remords, hanté par toutes les personnes qu’il a abandonnées et en premier lieu par son fils, dont il a provoqué la mort en le laissant tomber alors qu’il changeait sa couche.

Un roman sombre, certes, mais qui n’est pas dénué de poésie tout au long de cette quête de rédemption bouleversante.

« Car Francis, il l’avait maintenant compris, avait toujours été en guerre contre lui-même, il entretenait en lui des factions dressées les unes contre les autres. Et s’il devait survivre enfin de compte, ce ne serait pas grâce à tel ou tel Dieu de la révolution, mais à force de garder la tête claire et un sens exigeant de la vérité. Cette culpabilité qui traînait ne méritait pas qu’on se laisse mourir à cause d’elle. Tout ce qu’elle reflétait, c’était les appétits sanguinaires de la nature. »

Ce classique de la littérature américaine m’a, par bien des aspects, rappelé Steinbeck, Dos Passos ou Joyce.

A noter : L’Herbe de Fer a été récompensé par le National Book Critics Circle Award en 1983 et par le prix Pulitzer en 1984.

Une lecture captivante pour cette fin d’année.

Merci aux Éditions Belfond et à NetGalley France pour cette dernière lecture de l’année.

Les avis de Dealer de lignes ; Plaisirs à Cultiver

2 commentaires sur “L’herbe de fer de William Kennedy

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