Le Colibri de Sandro Veronesi 

A 40 ans en cette année 1999, Marco Carrera, ophtalmologue est un mari et un père comblé. Mais il va voir ces certitudes et sa tranquillité totalement bouleversées par les révélations du psy de sa femme ! Ces confidences, en plus de faire vaciller son équilibre, vont faire remonter à la surface un certain nombre de souvenirs, dont quelques-uns particulièrement douloureux.  

A partir de là, le roman prend une forme assez surprenante et qui pourra dérouter le lecteur puisque Sandro Veronesi ne suit aucun fil linéaire mais au contraire tourne autour de cette année qui ouvre le récit dans un magnifique jeu de ping-pong temporel.

On se retrouve ainsi tantôt à revivre l’enfance de Marco avec ses parents, son frère et sa sœur, tantôt à revenir à un présent plus proche ou bien encore à aller bien au-delà et jusqu’en 2030. On découvre ainsi la vie et surtout les épreuves qui ont frappé ce personnage dont l’auteur nous dresse un portrait très émouvant et d’une profonde humanité.  

“On devrait tous savoir – et ce n’est pas la cas – que le sort d’une relation entre deux personnes est toujours fixé dès le départ et une fois pour toutes : pour prévoir la fin qui l’attend, il suffit de regarder son début. En effet on connaît toujours, à l’aube d’une relation, un moment d’illumination où on la voit dans un même mouvement fleurir, s’installer dans la durée, devenir ce qu’elle deviendra et finir comme elle finira. Et on voit tout parce que, en réalité, la relation entière est contenue dans son commencement, de même que la forme de toute chose est contenue dans sa première manifestation.” 

C’est un récit touchant et très ancré dans la vie et dans tout ce qu’elle peut apporter de joie et de douleurs au fil des années. Sandro Veronesi y aborde de multiples thèmes dont les principaux tournent autour de la famille : l’héritage, la perte, l’amour, la filiation mais aussi les moments manqués, les non-dits et les multiples choix qu’on peut faire au cours d’une vie et qui nous conduisent sur un chemin plutôt qu’un autre et vers une destinée plutôt qu’une autre.  

L’auteur tire ainsi les multiples fils d’un récit qui, s’il est foisonnant, n’est jamais confus et construit petit à petit la personnalité d’un homme face à ses contradictions, à ses incompréhensions, à ses doutes.  

Il faut se laisser porter par les battements d’ailes de ce colibri qui n’est rien moins que l’illustration de l’humanité dans toutes ses imperfections et dans toute sa complexité.   

Le Colibri – Sandro Veronesi / Traduction de Dominique Vittoz (Editions Grasset – janvier 2021) 

6 commentaires sur “Le Colibri de Sandro Veronesi 

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