J’avais 15 ans – Vivre, survivre, revivre d’Elie Buzyn

Elie Buzyn a treize ans lorsqu’il est déporté avec ses parents et sa sœur à Auschwitz. Ses parents seront aussitôt exterminés. Son frère aîné a été froidement exécuté quelques temps plus tôt dans le ghetto. Deux ans plus tard, il fait parti de cette longue marche de la mort qui l’emmène jusqu’à Buchenwald. Le 11 avril 1945, le camp est libéré. Commence alors une nouvelle vie pour Elie Buzyn, le temps de la renaissance. 

Dans ce livre à la force d’évocation puissante, Elie Buzyn nous raconte la vie d’un enfant entraîné dans l’indicible et l’horreur. Mais aussi le retour à la vie. Habité par l’urgence de témoigner pour ne pas oublier, ce livre est aussi le portrait d’un homme combatif, soutenu par le souvenir de sa mère et qui a eu l’opportunité de faire des rencontres décisives qui ont largement influé sur son destin.  

Devenu chirurgien-orthopédiste, il n’a de cesse que de réparer, de prendre soin des autres. Persuadé de l’importance du témoignage et de la transmission, il entreprend chaque année le voyage vers Auschwitz pour accompagner des groupes et livrer sa parole et son histoire. 

« Toute mon énergie, toute ma volonté étaient dirigées vers l’avenir. Même en Israël, il était infiniment dangereux pour nous de nous replonger dans les scènes d’horreur que nous avions vécues. Une chape de plomb s’était abattue sur nous, les rescapés, à tel point que nous ne voulions pas en parler aux nôtres, ni même entre nous. Nous sentions que notre vie familiale et professionnelle serait impossible si, d’une façon ou d’une autre, nous nous engagions dans ce récit. Et le regard interrogatif, dubitatif, interloqué et apitoyé des autres, leur refus d’entendre une vérité insoutenable. Ces gens qui avaient vécu normalement ne pouvaient intégrer cette horrible réalité dont nous étions les victimes et les témoins. Même dans la famille. L’horreur absolue par laquelle nous étions passés leur paraissait tellement inimaginable, impossible. » 

Elie Buzyn est aussi marathonien, porteur de la flamme Olympique à 77 ans, « la revanche de la « course de la vie » sur la « marche de la mort ». » 

Dans les textes d’Elie Buzyn transparaît une grande souffrance mais sans démonstration superflue. La douleur d’avoir perdu les siens, les horreurs qu’il a vécu ne l’amène jamais à exprimer une quelconque amertume ou à prononcer des paroles qui appellent à la vengeance ou à la haine. Au contraire, tout le texte insuffle un courant de vie incroyable porté par ce besoin de transmettre, par la conscience très prégnante que si lui et ceux qui ont vécu ces atrocités ne parlent pas, tous ces souvenirs disparaîtront au risque de conduire l’humanité à de nouvelles atrocités. 

A la fin de l’ouvrage, les témoignages de ceux qui connaissent Elie Buzyn ainsi que la postface de sa femme, Etty, sont autant d’hommages rendus à un homme d’exception. 

J’avais 15 ans  – Vivre, survivre, revivre d’Elie Buzyn (Éditions Alisio – avril 2018) 

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