Ensemble, on aboie en silence de Gringe

Thibault est diagnostiqué schizophrène en 2001. Thibault est le petit frère de Guillaume, un frère aimé et protégé. Les deux frères sont en effet extrêmement proches, presque fusionnels pendant l’enfance. C’est cette belle relation que nous conte Gringe dans ce récit-témoignage mais aussi la maladie de son frère au fil de chapitres courts au milieu desquels viennent s’intercaler des textes de Thibault. 

J’aimerai dire que j’ai retrouvé dans ce texte la fibre qui habite l’œuvre musicale du rappeur Gringe. Mais en fait je n’en sais rien puisque (dois-je l’avouer ?) j’ignorais totalement son existence. C’est donc sans a priori et sans points de comparaison que j’ai abordé ce livre que j’ai lu en quelques heures. Pas tant parce qu’il m’a happée que parce que j’attendais à chaque page que quelque chose m’emporte enfin.  

Sur cette thématique probablement très difficile à traiter surtout lorsqu’elle vous touche aussi intimement, Gringe me paraît être resté en surface. Il y a quelques très beaux passages sur Thibault et aussi sur leur mère mais le tout manque de souffle et bizarrement d’émotions. Gringe joue sur une alternance d’humour et de colère, sans doute en protection, mais cela m’a totalement éloignée de l’histoire et de l’empathie que j’aurais pu éprouver.  

“On n’a pas toujours été les frangins les plus fusionnels de la Terre, il n’en reste pas moins que Thibault continuera d’être ce « mini-moi » que j’ai adoré cramponner d’amour dans les couloirs de la maternelle, quand lui et sa petite section nous passaient devant à l’heure de la récréation.” 

Peut-être que le chapitre d’introduction ne m’a pas non plus aidée à me sentir totalement convaincue par ce livre même si on peut imaginer qu’il a été écrit dans une veine humoristique. Sur moi, il a eu un effet plutôt rebutant car il donne vraiment l’impression que ce livre a été pensé et écrit pour de mauvaises raisons, ce qui expliquerait cette impression qu’il manque de profondeur et d’analyse. 

C’est en tous les cas un point de départ intéressant pour traiter de la schizophrénie, des ravages que cause la maladie sur le malade mais aussi sur ses proches, sur la culpabilité que peut ressentir la famille et un très joli hommage aux liens fraternels.  

Ensemble, on aboie en silence – Gringe (Editions Harper Collins – septembre 2020) 

7 commentaires sur “Ensemble, on aboie en silence de Gringe

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