Un petit coup de jeune de Thierry Bizot

Eric Sadge se réveille sur un lit d’hôpital. Et s’aperçoit très vite qu’il souffre d’amnésie. Une amnésie particulière qui lui a fait oublier 16 ans de sa vie. Pour lui, le temps s’est arrêté au 24 septembre 2001, il a trente-cinq ans. Sauf qu’il en a cinquante et un, que son fils est devenu un jeune homme qu’il ne reconnaît pas, que sa femme n’est plus sa femme, que son père et son frère sont morts. Bref que le monde actuel lui est totalement inconnu. En cherchant sa mémoire Eric va faire ressurgir un certain nombre d’événement qui ne sont pas tous à son avantage. 

« Sadge observe son fils avec stupeur. Comment son petit garçon, si adorable, facétieux, vif, qu’il portait encore sur ses épaules dimanche dernier, a-t-il pu se transformer en cette longue chose ingrate ? Ce qui le trouble le plus, c’est de ne même pas reconnaître le regard de son fiston. Il scrute ses yeux avec attention… Ils ont la même couleur marron claire, mais c’est à peu près tout. » 

Mon avis est très partagé sur ce livre. D’un côté je trouve l’idée originale et la quête d’Eric Sadge intéressante dans les questionnements que cela soulève chez lui. D’un autre côté je trouve les ressorts narratifs assez répétitifs et certains aspects pas assez fouillés. 

Si les efforts que fait Sadge pour renouer avec sa femme et son fils sont touchants, d’autres relations sont un peu vite expédiées à mon sens (celles avec Sœur Aude par exemple). Quant aux ressources incroyables que sont les relations professionnelles dans cette histoire d’amnésie, elles me semblent un peu bâclées.  

« Il sent bien qu’il est en train de s’habituer à sa nouvelle existence. D’ailleurs sa révolte contre l’amnésie s’effrite, son envie de retrouver la mémoire s’essouffle. Il tente de blâmer la puissance de la vie pour ce début de capitulation. » 

Bref, j’ai eu un peu de mal à éprouver de la compassion ou de l’intérêt pour ce qui arrive à ce pauvre personnage. Il me semble qu’à trop vouloir multiplier les pistes d’exploration de la perte de mémoire, l’auteur a malheureusement dilué le propos et s’est un peu éparpillé. Peut-être aurait-il fallu privilégier un ou deux axes pour ne pas perdre l’attention du lecteur ? Le rapports avec sa famille étaient en cela déjà bien suffisant pour développer une histoire et creuser cet aspect très intéressant de rivalité, de construction, de filiation.  

Un rendez-vous un peu raté en ce qui me concerne avec ce livre, même si j’y ai trouvé quelques sujets de réflexion sur les rapports humains. 

Un petit coup de jeune – Thierry Bizot (Editions du Seuil – mai 2019) 

4 commentaires sur “Un petit coup de jeune de Thierry Bizot

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