Les amants de Coney Island de Billy O’Callaghan

Depuis 25 ans, chaque premier mardi du mois, Caitlin et Michael se retrouvent à Cosney Island. Ils sont amants depuis toutes ces années. Mais ce mardi est particulier. Barbara, la femme de Michael est atteinte d’un cancer. Et Thomas, le mari de Caitlin, vient d’être muté dans le Midwest. Ce mardi est donc emprunt d’amour mais aussi d’une indéniable tristesse car il signe, sans doute, la fin de leur histoire d’amour. 

Tout au long du roman, l’auteur nous raconte leur dernier mardi ensemble et remonte dans les souvenirs de Michael et Caitlin. Leur rencontre, leur couple respectif et ce qu’ils ont traversé avec leurs conjoints, leur enfance. 

C’est lent, plein de nostalgie, vibrant du secret d’un amour clandestin qui ne s’est jamais démenti au cours de toutes ces années alors que la vie défile impitoyablement. 

Billy O’Callaghan ausculte avec beaucoup de délicatesse la fin d’une relation alors même que l’amour est toujours présent entre les deux amants, les événements qui les ont façonnés et rapprochés.  

C’est aussi le constat sans appel de vies faites de renoncement, d’arrangements, de mensonges, de rêves jamais accomplis. Caitlin a laissé de côté son désir de devenir écrivain, Michael a dû faire le deuil de son fils et vit dans le souvenir de son île d’Irlande qu’il a quitté à seize ans.  

« Elle le regarde et c’est comme si un voile était tombé, car elle voit tout, les différents passés et futurs superposés sur son corps, strates d’états émettant différents éclats. Ce qu’elle voudrait lui dire, c’est que, loin de l’idée que ses défauts lui répugnent, ils revêtent à ses yeux une forme de beauté élémentaire. » 

C’est un roman très mélancolique qui se déroule sur un rythme contenu en prenant le temps de s’attarder sur chaque détail (la lumière, le grain d’une peau, le décor de la chambre d’hôtel), ce qui amène une véritable poésie au récit. 

Il ne faut pas s’attendre à une histoire pleine de rebondissements, la qualité du livre tient surtout à l’écriture à la fois pleine de lyrisme et de retenue du romancier. Un style qui m’a d’ailleurs fait penser à l’auteur islandais Jón Kalman Stefánsson. 

Un premier roman très réussi. 

Les amants de Coney Island – Billy O’Callaghan (Editions Grasset – mars 2019) 

4 commentaires sur “Les amants de Coney Island de Billy O’Callaghan

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