Le dernier grenadier du monde d’Ali Bakhtiar

Roman lu dans le cadre des #explorateursdelarentreelitteraire de Lecteurs.com

Impossible, je pense, de résumer ce livre dont la force et la singularité résident dans l’atmosphère particulière et dans l’espèce de mystère qui entourent ce récit. Il faut simplement accepter de se laisser embarquer dans un conte à la fois magique et cruel.

Mouzaffar Soubhdam vient de passer vingt et un ans en captivité. Cet officier des Peshmergas, presque totalement brisé par cet enfermement n’a plus qu’une volonté : retrouver son fils, Saryas, âgé de quelques jours lorsqu’il a été emprisonné et qu’il n’a jamais connu.

Commence alors une quête qui le mène à travers le pays et qui lui fait croiser de nombreux personnages.

On trouve dans ce récit un jeune homme au cœur de verre qui meurt d’amour, deux sœurs énigmatiques aux cheveux d’une longueur infinie et liées par un pacte qui leur interdit de se marier, un arbre mystérieux et plein de force – le dernier grenadier du monde, trois fragiles grenades en verre, deux Saryas aux destins différents.

Je dois l’avouer, certains passages m’ont perdue et j’ai parfois eu du mal à faire le lien entre tous les personnages et les histoires des uns et des autres.

« Rien n’est plus proche au monde du courage que le désespoir…Un homme courageux est un homme désespéré. Tous les gens qui ont un espoir sont des personnes peureuses. »

Mais globalement ce conte fantasmagorique m’a transportée dans un univers inconnu, au cœur d’un Kurdistan rongé par la guerre. Au milieu de ces combats émergent des personnages fabuleux et détenteurs d’espoir qui ne renoncent pas.

J’ai aimé, même si je ne les ai pas totalement comprises, ces deux sœurs tout droit venues des contes orientaux qui ne se quittent pas et enchantent les personnes qu’elles croisent par leurs chants. Je me suis attachée à ces deux faces tout en contraste de ce jeune Saryas plein de vie et de questionnement. J’ai été émue par la quête de ce père, perdu au milieu d’un pays totalement changé et qu’il ne reconnaît pas.

Ce roman est pour moi une longue métaphore qui raconte l’espoir, la fraternité, la transmission et la filiation mais aussi l’importance du témoignage pour conserver vivante la mémoire des combattants et de ceux qui luttent pour la liberté.

Je suis ravie d’avoir pénétré l’univers de cet auteur, traduit pour la première fois en français.

Le dernier grenadier du monde – Ali Bakhtiar (Editions Métailié – août 2019)

3 commentaires sur “Le dernier grenadier du monde d’Ali Bakhtiar

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