Le sel de tous les oublis de Yasmina Khadra

Dalal vient d’annoncer à son mari, Adem Naït-Gacem, qu’elle le quitte. Pour cet instituteur algérien c’est le ciel qui lui tombe sur la tête. Il décide alors de tout quitter, de faire son baluchon et de prendre la route. Nombre d’embûches vont parsemer son chemin mais il va aussi rencontrer plusieurs personnes prêtes à l’accueillir et à l’aider. Une aide qu’il ne cesse de repousser ou en tous les cas pour laquelle il n’exprime aucune gratitude, ancré dans son dégoût de l’humain et dans sa mélancolie.

Nous sommes en 1963, dans une Algérie qui panse encore les plaies de la guerre et les pérégrinations d’Adem vont aussi le conduire à croiser des personnes qui souffrent des séquelles de cette guerre ou qui ont profité de ces revirements pour prendre le pouvoir. Adem va ainsi affronter la prison, travailler sur des chantiers, redevenir quelques temps instituteur et à chaque fois vivre de nouvelles épreuves.

« L’hostilité qu’il dégainait à tout-va et qu’il faisait passer pour du caractère, la méfiance surfaite qu’il affichait à la moindre occasion, enfin, toutes ces attitudes malencontreuses et stupides qu’il improvisait pour tenir à distance les gens, n’étaient en réalité, que des misérables défections. »

Que ce livre est beau mais que cet Adem est antipathique ! Tout au long du livre on attend qu’il soit enfin réceptif à la bonté des gens qui l’aident, qu’il éprouve un peu d’empathie ou qu’il exprime au moins un remerciement. Mais rien. Il s’enfonce dans sa mélancolie et sa misanthropie et ne présente aucun signe de rédemption ou de reconnaissance.

Yasmina Khadra profite des déplacements de son personnage principal pour dresser un portrait de l’Algérie d’après la guerre, s’interroge sur les rapports humains, expose la condition féminine dans un récit sombre et parfois emprunt d’une certaine violence.

Ne serait ce personnage profondément égoïste qui finit par nous taper sur les nerfs, ce roman a la faculté de transporter totalement le lecteur.

Le sel de tous les oublis – Yasmina Khadra (Éditions Julliard – août 2020)

5 commentaires sur “Le sel de tous les oublis de Yasmina Khadra

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