Au nom des pères de Mathieu Tazo

1942. Rose vit avec ses parents à Saint-Rémy. Son père est engagé dans un mouvement de résistance régionale et aide des résistants à échapper à l’occupant. C’est comme cela que Rose croise la route d’Aufan (son nom de résistant). Les deux jeunes gens tombent amoureux, puis Aufan disparaît. Très vite, Rose part à sa recherche pour lui annoncer qu’il va être père. Direction Marseille.

Mais Rose se retrouve témoin d’un crime, un événement dans lequel le jeune homme et un officier allemand trouvent la mort. Les autorités françaises et allemandes enquêtent, cherchant surtout à mettre la main sur le réseau auquel Aufan appartenait. Mais Rose souffre d’un handicap particulier, la prosopagnocie : elle ne reconnaît pas les visages. Une difficulté supplémentaire pour la jeune fille qui cherche à comprendre ce qui s’est passé et pourquoi Aufan est mort.

Ce roman est particulier dans la mesure où l’auteur nous fait vivre l’histoire au niveau de Rose, une jeune fille aussi naïve que tenace. Courageusement, elle va affronter la police et chercher des réponses, quitte à mettre sa vie en péril.

Ce jeu de piste nous mène ainsi, entre les deux guerres mondiales, à la recherche de réponses qui trouvent leur source dans le passé.

« Je vous hais depuis mon enfance. Mon père vous haïssait aussi, il a consacré sa vie à œuvrer à la création de l’Empire allemand. Mon grand-père vous haïssait également. Il vous a combattu en 1870 et est vaillamment mort à Sedan. On appelle ça l’inimitié héréditaire. Chaque peuple a forgé ce sentiment au fur et à mesure des guerres qui nous ont opposés. Il est heureux que le temps ait fini par montrer que nous vous étions supérieurs. Et savez-vous pourquoi cette inimitié ? Par un curieux sentiment de peur de l’autre, chaque guerre perdue appelant à une revanche et donc à une agression et à une nouvelle guerre qui en générera une suivante. Les fils vengent toujours les pères. »

Le style de l’auteur est simple sans être simpliste, calqué sur le personnage très attachant de Rose. Le suspens est bien mené et nous tient en haleine jusqu’au bout, grâce à un rythme soutenu et aux rebondissements qui émaillent le récit.

Entre histoires de manipulation et de vengeance, le récit prend parfois des allures de polar.

Il démontre avec brio que rien ne sert jamais vraiment de leçon à l’humanité et que l’histoire n’est qu’une suite de malheureuses répétitions, alimentées par des haines tenaces.

Au nom des pères – Mathieu Tazo (mai 2019)

7 commentaires sur “Au nom des pères de Mathieu Tazo

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