Cape May de Chip Cheek

Très honnêtement j’ai failli abandonner la lecture aux alentours de la page 100. Et puis, comme la quatrième de couverture annonçait un basculement, j’ai persisté.

Mais que ce fut laborieux !

Effie et Henry, la vingtaine, viennent de se marier et ont décidé de passer leur lune de miel à Cape May où Effie a des souvenirs d’enfance. Malheureusement, la saison est terminée dans la station balnéaire et les voilà bien démunis et très seuls. Coup de chance, c’est aussi le moment que choisi Clara, une ancienne connaissance d’Effie, pour venir profiter des lieux avec sa joyeuse bande d’amis. Nous sommes en 1957 et les voilà bien décidés à transformer Cape May en terrain de jeux pour jeunes gens riches et désœuvrés.

Ils boivent (beaucoup), échangent des propos qui se veulent légers mais qui sont parfaitement ennuyeux, découvrent le sexe (surtout Effie et Henry, arrivés vierges au mariage), font du bateau, entrent par effraction dans les maisons du voisinage… et on s’ennuie avec eux.

« Les plages étaient désertes, les magasins fermés, aucune lumière aux fenêtres des maisons de New Hampshire Avenue. Depuis des mois, Effie lui parlait de cet endroit et de tout ce qu’ils y feraient, mais elle n’avait fréquenté ces lieux qu’en été, et on était fin septembre. Elle n’avait pas compris ce que signifiait exactement « hors saison ». Venus de Géorgie par le train de nuit, ils étaient censés y passer deux semaines pour leur voyage de noces. »

On a pu lire que ce premier roman avait des allures de Gatsby le Magnifique de Fitzgerald. Alors il faut relire Gatsby et voir tout ce qui fait que Cape May n’a absolument rien à voir. L’intelligence du propos, la fausse légèreté qui mène au drame, la profondeur des personnages et des relations, le style si particulier et riche (je parle de Gatsby évidemment).

Mais même si on s’épargne la comparaison, il manque à ce premier roman pas mal de qualités et peut-être avant tout une pointe d’humour et de recul qui font cruellement défaut compte tenu de l’histoire qui est racontée.

Cela permettrait probablement de ne pas ressentir avec tant de force cet ennui pesant tout au long des pages et de donner chair et vie à ses personnages qui, à mon avis, n’attendent que cela.

Et le lecteur pourrait ainsi idéalement patienter, en bonne compagnie, dans l’attente du fameux basculement (parfaitement prévisible) ou au moins d’une chute originale et surprenante, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici.

Cape May – Chip Cheek (Editions Stock – mai 2019)

9 commentaires sur “Cape May de Chip Cheek

  1. sans trouver la comparaison avec Gatsby légitime j’ai beaucoup aimé ce premier roman. J’ai aimé l’ambiance et j’ai trouvé que cela concordait avec les personnages et … c’est vrai le calme plat.

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