Ida Brandt d’Herman Bang

Élevée à la campagne, au sein d’un domaine du Jütland dont son père est régisseur, Ida doit quitter ce lieu paisible à la mort de celui-ci. Elle s’installe alors avec sa mère en ville.

Ida deviendra infirmière, par altruisme plus que par besoin, à la mort de sa mère et connaîtra les affres de l’amour et de la déception.

Ida est une héroïne qui rappelle celles d’Ibsen ou de Tchekhov, mais en plus effacée. Elle est de celles dont on dit avec un rien de condescendance « elle est bien gentille. ». Une jeune fille solitaire  dont on sait d’avance qu’elle va se faire berner.

Trop gentille justement, trop généreuse, peut-être un peu naïve, elle se laisse embarquer dans une histoire impossible et on a parfois un peu envie de la secouer pour qu’elle reprenne enfin le contrôle des choses, qu’elle se révolte contre ces bourgeois qui ont tendance à la traiter comme une domestique par exemple.

Ida est à la fois touchante et agaçante de trop de bonté, de trop de discrétion.

C’est sans doute cette ambivalence qui fait que je ne sais pas si j’ai véritablement aimé ce livre. Si j’ai apprécié le style de l’auteur, je ne me suis jamais attachée à Ida, ni au fond de l’histoire dont absolument tout est prévisible.

« Elle est vraiment gentille, reprit Mme Mourier, mue par un vague sentiment de pitié, dû peut-être à l’air du vieillissement qui émanait d’Ida : c’était comme si la robe jaune était soudain devenue trop ample, comme si le corps paré de ce vêtement était dépourvu de vie, comme si les cheveux frisés au-dessus du front étroit n’étaient qu’un postiche… »

Mais Herman Bang a ce don de dresser des portraits, de rendre vivants des caractères, d’entrer dans la psychologie de ses personnages et de créer une atmosphère tout en mélancolie qui retient le lecteur.

En procédant par petites touches il décrit la société danoise du XIXème siècle, les petites bassesses des uns et des autres, les relations familiales, amicales ou amoureuses, les commérages et c’est finalement toute une ambiance douce et lumineuse qu’il arrive à installer tout au long des pages. Ambiance qui fera dire à Monet : « Vous êtes le premier écrivain impressionniste ».

Donc voilà, si on aime les impressionnistes, ce qui est mon cas, on ne peut être que sensible à la plume d’Herman Bang.

Ida Brandt – Herman Bang (Editions Libretto – septembre 2019)

2 commentaires sur “Ida Brandt d’Herman Bang

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