Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann

Août 1974, un funambule s’élance entre les tours jumelles du World Trade Center. Evénement extraordinaire dont sont témoins les habitants de New York. Tandis que l’équilibriste tient en haleine ses spectateurs et danse au-dessus du vide, en bas, d’autres habitants tentent d’échapper à un quotidien difficile.

John Corrigan, prêtre Irlandais, essaie de venir au secours de prostituées tout en se débattant avec des sentiments amoureux contraire à son engagement. Tillie et Jazzlyn voient leurs destins totalement changés à la suite d’une descente de police. Claire cherche du réconfort auprès d’un groupe de femmes qui, comme elle, ont perdu un enfant au Vietnam. L’accident de voiture provoqué par son mari transforme radicalement la vie de Lara. Ciaran cherche à comprendre les motivations de son frère, Corrigan.

“Certains pensent que l’amour est au bout de la route et que, si on a la chance de la trouver, on s’arrête. D’autres vous diront que c’est plutôt une embardée, un vol plané, et la plupart de ceux qui ont un peu de jugeote savent qu’il change au fil du temps. Selon l’énergie qu’on lui consacre, on le garde, on s’y accroche ou on le perd. Sauf que, parfois, il est absent dès le premier jour.”

Colum McCann tisse entre tous ces personnages un fil subtil et signe un roman choral âpre et prenant. Un roman qui happe le lecteur dès les premières lignes et ne le lâche plus. Si chacun de des personnages peut sembler dissemblable, un lien les relie : celui de l’impermanence. Cette sensation que tout peut changer et change à chaque instant. Au fil de la lecture, le puzzle se compose sous les yeux du lecteur, dressant le portrait d’une Amérique des années 70, divisée par la guerre du Vietnam et où se développe le mouvement hippie. Un monde où tout semble possible, comme marcher sur un fil à plus de 400 mètres de haut mais où la vie peut aussi être particulièrement cruelle.

L’écriture va à l’essentiel révélant la trame du roman petit à petit, s’adaptant à chacun des personnages et abordant de multiples sujets. Un livre absolument fabuleux, d’une grande justesse et aussi plein de mélancolie.

Et que le vaste monde poursuive sa course folle – Colum McCann / Traduction de Jean-Luc Piningre (Editions 10/18 – novembre 2010)

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